mercredi 24 juillet 2013

J6

j'ai posé les légumes frais sur le comptoir avec l'économe à côté et je me suis allée m'installer à table avec mon bol, ma cuillère et ma serviette, attendant de déguster la bonne soupe chaude.
c'est ainsi que je visualise ce que j'ai fait avec Gilles : j'ai posé les signes de la main et les sourires gentils sur le bord de la piscine et que j'ai relevé mes manches, pensant déjà à installer Gilles dans ma vie.
n'importe quoi.
avant de déguster quoi que ce soit, il faut au préalable, choisir ses légumes, composer sa mixture, prendre le temps de les éplucher, de voir s'ils ne sont pas abîmés, pas gâtés, prendre le temps de les couper en morceaux avec confiance parce qu'on sait qu'ils vont nous contenter et de les laisser bouillir assez de temps pour qu'on puisse ensuite les mouliner et en faire une belle soupe savoureuse.
tout ça prend du temps, demande de la patience, de l'envie, de l'attention.
et reste aléatoire parce que même après tout cela, il n'est pas sûr que la soupe ait bon goût. ou du moins, soit à notre goût.
bizarre comme j'ai oublié qu'une relation, ça se commence par le début : faire (ou refaire) connaissance, prendre le temps de se découvrir, s'écouter, s'apprécier (ou non), apprendre à se faire confiance et ça ce n'est pas gagné, et ensuite peut-être éventuellement passer à autre chose. mais si cet "autre chose" n'arrive pas, on a au moins gagné un ami de plus, une belle connaissance, on se sera fait plaisir.
j'ai zappé toutes ces belles étapes bien souvent ces derniers temps, tant il me semble devenu commun que "faire connaissance" avec quelqu'un, ça signifie irrémédiablement et presque immédiatement "se retrouver dans son lit".

c'est très bateau de dire qu'aujourd'hui, tout va trop vite mais je viens de le réaliser, en jetant un regard surpris en arrière, sur ces "histoires" avortées que j'ai vécues, qui avaient fini par ne me donner qu'une envie : rester célibataire et heureuse de l'être.
et je me sens vraiment soulagée de déposer mes inquiétudes stupides sur l'autel des sacrifiés et de pouvoir regarder Gilles avec juste cette envie joyeuse de faire connaissance.

peut-être que mon beau nageur va me permettre de réapprendre les rudiments d'une vraie rencontre ?
en tout cas, ce qui est certain c'est que les 17 kms que j'ai courus ce matin, c'est aussi en pensant que je pourrais un jour découvrir que je suis malade et que je ne pourrais plus faire de sport...
je vais être bientôt prête pour un semi-marathon si je continue ainsi...

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