mercredi 31 juillet 2013

J13

on est déjà mercredi. veille de jeudi (le jeudi c'est le jour de mon 2e boulot).
dans cinq jours je récupère mes enfants et même si je les adore, trois semaines pour respirer un peu ce fut trop court.
adieu mes joggings et la natation comme je le veux. hier, j'ai été courir le matin et le soir. 22 kilomètres en tout. le pied !
et aujourd'hui piscine. avec le beau Gilles. on n'a pas échangé un seul mot, pas un seul regard. je suis en période "je me recroqueville".
je verrai vendredi.
sinon tant pis.
la vie est belle, quoi qu'il arrive.
il y a ce type aussi, avec qui je discutais depuis plusieurs jours sur Facebook.
il est plutôt mignon et drôle même si je sens des décalages entre nous, et aujourd'hui, alors qu'on déconnait il m'a sorti son couplet style que c'était un mec trop gentil, que les femmes s'étaient foutues de lui, qu'il s'était bien fait avoir, que la vie est une belle escroquerie. apparemment il a une maladie incurable et ça fait huit ans qu'il est en sursis... c'est ma chance de ne tomber que sur des mecs comme ça en ce moment..
je n'aime pas du tout les gens qui se lamentent. ça date de mon enfance, ma mère se plaignait toujours de sa situation de pauvre femme misérable, abandonnée par son mari..
je m'étais jurée que jamais je ne ferais ça..
bon, pour être honnête, je l'ai fait.
après la mort de mon amoureux.
et j'entendais toujours la même réponse : "tu as vécu un truc horrible, incroyable, je ne sais même pas comment tu tiens encore debout, tu es tellement forte, ma pauvre..."
aujourd'hui je ne veux plus que l'on me plaigne, même pour en retirer certains avantages.
je ne veux plus qu'on me considère, ni me considérer comme une pauvre femme qui a vécu des trucs très durs.
je n'arrive même plus à penser à ces moments difficiles, tant ils me paraissent appartenir à une autre vie.
et les gens qui se plaignent, qui ont des propos style "je ne suis tombé que sur des malfaisantes", "je suis trop gentil" "j'ai élevé mes enfants seul et je les ai prévenus que ma vie c'est de la merde" !!
c'est terrible ce genre de propos... du moins, je trouve.
j'espère croiser un type positif, optimiste sur les années à vivre demain, un mec heureux, quoi qu'il lui soit arrivé.. ben, Gilles, je crois qu'il est comme ça, maintenant... parce qu'avant il était plus stressé plus aussi..

bon, j'essaierai de lui parler vendredi...

mardi 30 juillet 2013

J12

j'ai croisé Christophe dans le village aujourd'hui.
Christophe est le compagnon de Marie.
j'aime bien Marie, on sent en elle un reste de ruralité mais elle est intelligente et sensible. avant, on allait à la piscine ensemble parfois entre midi et deux, et on se racontait nos histoires. à cette époque je n'allais pas bien et elle était adorable, toujours à l'écoute de mes confidences éplorées.
et puis Christophe et Marie sont partis au Cap vert avec leurs trois enfants dont un bébé nouvellement né. une petite fille. Lou.
pour Marie, le départ fût dur, Christophe est ethnologue, il y allait pour le boulot, mais Marie laissait en plan une structure éditoriale associative, des ami(e)s, une vie accomplie.
ce fût pourtant pour Marie que le retour fût dur aussi.
elle nous écrivait de longs messages plaintifs à leur arrivée au Cap vert, rien n'allait et elle galérait seule avec les trois enfants pendant que Christophe bossait.
et puis... faut croire qu'elle s'est adaptée, mais elle ne voulait plus revenir.
elle avait rencontré des gens fabuleux là-bas, noué de belles amitiés.
un an, c'était trop court.

la dernière fois que j'ai vu Marie c'était à une soirée "tzigane" il y a un mois. quand je lui ai demandé comment elle allait, elle s'est mise à pleurer en me disant qu'elle venait de passer une année difficile. mais qu'elle n'avait pas envie d'en parler. don't act.
évidemment, je lui avais raconté juste avant mon bien-être actuel, les projets qu'on me proposait, le sport, la confiance revenue.
et je crois que je l'ai éloignée avec mes belles nouvelles.

j'ai croisé Christophe dans le village aujourd'hui et je lui ai parlé de la réussite de mon aînée, son bac avec mention, son acceptation dans une école sélective, son départ pour Strasbourg avec bourse et félicitations. je riais et je sentais que quelque chose coinçait quelque part.
il félicitait ma fille mais je sentais cette amertume de ceux qui n'y arriveront pas aussi bien et qui le déplorent. leur aîné s'intègre mal au collège, surtout après cette année loin de ses copains.
et je crois que Marie panique pour cela aussi.
donc, même si Christophe était content pour ma fille, il aurait préféré ne pas entendre ça. je le sentais.

tout comme mon copain Christian qui ne m'invite plus parce que son fils a du passer les épreuves de rattrapage du bac (je n'ai même pas osé téléphoner pour savoir s'il avait réussi finalement...) et qu'il en a été profondément affecté, comme si son honneur tout entier avait été là bafoué.

du coup, je m'interroge. est-ce que je n'étais intéressante que lorsque j'allais mal ?
est-ce que ça rassure les gens de voir la peine d'autrui, ils se disent qu'ils ne sont pas les seuls à galérer, ou, au contraire, que eux, au moins, ils ne galèrent pas alors que d'autres, les pauvres ?
je me sens légèrement mise à l'écart depuis que tout va bien dans ma vie.
mais ce n'est pas un don du ciel, j'ai choisi d'aller bien, j'ai lutté pour cela, j'ai tout mis en oeuvre pour cela. et je n'ai pas envie de me sentir coupable de n'avoir que de bonnes nouvelles à confier.
si ?


lundi 29 juillet 2013

J11

je me suis réveillée avec la tête qui tournait et les yeux gonflés comme si j'avais pleuré toute la nuit. l'orage grondait et la pluie tombait à seaux. je ne suis pas allée courir. j'irai cet après-midi, l'air est resté frais, il ne faut plus que je mange avant.
je me suis enfilée quatre tartines de confiture, ce que je ne fais jamais. d'abord parce que le sucre ce n'est pas mon truc, je fais une sorte d'intolérance au sucre, et parce les tartines le matin à part avec du fromage et du jambon, ce n'est pas mon truc non plus.
je comptais faire ci et ça dans la journée, je vais simplifier mon emploi du temps, ça me permettra de bosser en plus.
j'ai mal à une oreille, je ne sais pas si c'est à forcer de mastiquer du chewing-gum ou si, comme je l'entends dire, il y a un "vent" d'otites qui traine mais je me sens moins vive, c'est sûr.
pourvu que ce ne soit pas un contrecoup de l'absence de Gilles hier... je plaisante bien sûr mais... on ne sait jamais... j'ai beau savoir encaisser et me vanter d'être rodée à toute épreuve et en premier chef la solitude, peut-être que... ça a joué sur mon moral... et donc sur mon physique...
hier, justement, je discutais avec la jolie Cé qui vient de perdre sa meilleure amie, compagne de vie de trente ans, qui s'est suicidée. parce qu'elle ne supportait plus la mort de sa fille depuis plusieurs années. le poids du chagrin était trop lourd à porter, elle n'en avait plus le courage.
et Cé me dit qu'elle sent son corps qui "myopathise". donc elle ne sent plus son corps. parce que son amie est partie, qu'elle se sent abandonnée, ou coupable peut-être de n'avoir pas su soulager sa douleur.
d'accord, elle a un problème à la base, problème qu'elle gère en en freinant les désastreuses conséquences (comme Gilles... oui, bon, ça va, j'arrête avec lui...) mais là, elle n'y arrive plus et elle sent une dégradation de son problème. son corps l'abandonne alors que sa tête tente farouchement de chasser les mauvaises pensées. elle est amputée de son amie. et elle le sent.
voilà, le corps comme acteur de nos souffrances d'âme.
le corps dit, divulgue, montre, annonce, dénonce.
c'est pour cette raison que j'ai toujours aimé l'homéopathie. chercher à comprendre d'abord ce qui nous a blessés, perturbés, dérangés, attaqués, avant de trouver un chemin pour soigner les maux que notre corps manifeste.
rien de tel que le jogging tout à l'heure pour m'obliger à chasser cet état un peu flou dans lequel je suis aujourd'hui.
allez, zou...

dimanche 28 juillet 2013

J10

Gilles n'était pas à la piscine aujourd'hui. je me suis dit, très hypocrite : j'espère que c'est de bon augure, qu'il a trouvé une nana (en deux jours ça paraît peu probable, mais vous savez combien on est de mauvaise foi quand on est une femme et qu'on parle d'un homme) ou qu'il a été dans sa famille pour un weekend entouré.
ou bien il est parti en vacances.
il n'empêche.
alors que depuis deux jours, j'échange des dizaines de messages avec un type sur facebook, un maître-nageur passionné par la moto, sympa et mignon comme tout.
alors que j'ai enfin accepté un rendez-vous avec cet homme rencontré il y a sept ans et avec qui je n'avais fait qu'échanger une correspondance délicieusement poétique, puis délicieusement érotique... pour finalement cesser tout échange, de façon un peu brute, ce qui avait eu l'heur de me faire enrager, voire me blesser et ça avait engendré de belles créations, in fine.
il m'avait relancée il y a quelques semaines en disant : tu as du oublier. pas moi.
évidemment, il ne faut pas me chercher comme ça, je n'aime pas qu'on décide de ma vie à ma place, de mes oublis à ma place, de mes souvenirs à ma place.
très vite, l'envie était revenue, cette envie construite à partir de messages bien rédigés, des messages qui touchent au but, qui font mouche. et puis, l'envie était repartie aussi vite. allez savoir. parce que je me suis dit que c'était trop facile pour lui, il revenait quand cela lui disait et il suffisait d'écrire des mots bien choisis pour que l'étincelle reparte. il venait et repartait à son gré et je devais attendre qu'il me fasse signe pour espérer quelque chose. donc j'ai dit : stop, on arrête, je n'ai plus envie.
et puis, parce que je pense un peu trop à Gilles, je me suis dit qu'il fallait que je fasse baisser la pression. alors je lui ai : après tout, proposez-vous un rendez-vous.
et il a répondu rapidement et propose qu'on se voit en septembre.
espérons que je ne sois ni morte ni enterrée ni desséchée d'ici septembre. sinon il ne lui restera de moi qu'une envie comme un os à ronger...
en même temps, je n'arrive pas à boucler mon boulot alors penser à un rendez-vous actuellement, ça serait pure folie.
bref, alors que... je me suis sentie en colère de l'absence de Gilles, comme si je lui en voulais de m'abandonner.
alors j'ai nagé vite, je me suis explosé les cuisses et je me suis à peine faite plaisir.
et j'ai détesté ça.
demain j'irai à l'aube courir pour défouler le reste d'agacement qui perdure.
et dire que j'avais dit : plus aucun mec.
trop forte la fille !

samedi 27 juillet 2013

J9

il a dit : "j'ai travaillé mon mental et c'est grâce à ça que je m'en suis sorti. ça m'a vraiment beaucoup aidé."
évidemment, j'ai de suite pensé à la chanson de Grand Corps malade "un mental de résistant" et là, alors que je rame sur mon travail, que j'essaie de toutes mes forces de me discipliner, je n'y arrive pas.
cet après-midi, j'irai au musée Granet, au restaurant puis à l'opéra avec ma frangine, et je devrais réussir à travailler pour "avoir le droit de" passer des moments de pause, mais je flâne, je bats la campagne, mon esprit s'envole, je me fais du thé, j'écris à mes amies, je m'épile les sourcils... bref, je déconne.

le mental je l'ai pour me lever le matin de très bonne heure et aller courir, je l'ai pour faire dix longueurs de plus à la piscine, mais pas pour rester concentrée.
ma copine kiné me dit que c'est parce que je suis surdouée, que dès que j'ai un projet en tête, s'il ne se finit pas très vite, je m'ennuie, je suis déjà dans l'après, dans un autre projet.
c'est gentil voire flatteur mais ça ne fait pas avancer le scmilblick...

il a dit aussi qu'il avait travaillé la méditation et que lui qui était toujours speed ("comme toi", a-t-il ajouté, ouais OK ça va...) il était devenu plus réfléchi, plus posé. et qu'au bout de trois ans de pratique, il donnait maintenant des cours de méditation.

j'ai déjà essayé le yoga une année, juste avant mon accident de voiture qui m'a laissé quatre cervicales en vrac, et effectivement ça m'avait bien apaisée, mais je n'ai pas envie de ne plus être speed. être speed c'est ma marque de fabrique, alors... mais faire de la méditation sous l'oeil sombre et professionnel de Gilles ? pourquoi pas...
allez, chiche, à la rentrée, en plus du club de course à pied et de la zumba, je m'inscris à la méditation ?
espérons que ça me coatche pour mon travail et que je devienne plus disciplinée..
espérons.

vendredi 26 juillet 2013

J8

elle hoquète, elle pleure...
"tu te rends compte, il va partir avec elle à Londres... Avec moi, il n'a jamais voulu aller nulle part, il disait que voyager c'était nul, que ce n'était que pour les gens qui s'emmerdaient chez eux... et là, il part."
ce qu'elle ne dit pas, ce sont ces dernières années où elle lui en voulait pour un rien, et où, du coup, elle s'enfermait dans un silence boudeur pendant plusieurs jours, elle ne dit pas les kilos en trop qui alourdissaient sa taille et qui ont miraculeusement disparu depuis qu'il est parti, ni les poils qu'elle épile désormais et la voiture qu'elle n'hésite plus à prendre pour se déplacer, elle qui ne comptait que sur lui.
elle ne dit pas le jogging qu'elle fait maintenant, les copines avec qui elle passe des soirées drôles et légèrement foldingues, elle qui n'avait aucune amie...
ce qu'elle ne dit pas c'est le caractère "pessimiste" de son ex, ni sa grande gueule qui se fâche avec tout le monde, si ses petites vannes piquantes, ni ce besoin d'être toujours au centre de toutes les préoccupations, sa tronche de con et son manque de couille.

"on s'en fout, qu'il parte à Londres si ça lui plait... moi, franchement, je la plains cette femme, elle ne sait pas qui elle a récupéré.."
voilà, parfois, l'orgueil nous empêche d'ouvrir les yeux, de lâcher prise, de tourner les talons.
ce qu'il fait avec l'autre et qu'il n'a jamais fait avec elle, c'est bien plus fort que toutes les avancées que son départ a entrainées dans sa vie. elle ne pense qu'à ça. et elle a tort...

moi, je le connais son ex, et je ne peux m'empêcher de m'interroger : comment ça se fait que deux femmes se disputent ce grand con, destructeur et paumé, il n'est pas beau du tout, je le soupçonne "amant débutant", il faut toujours qu'il balance des vannes à tout le monde, il dit qu'il va faire mais il ne fait pas... mais mince, qu'est-ce qu'elles ont dans leur tête ces femmes pour se le disputer ??...

"tu sais quoi ? tu vaux mieux que ce connard. on en reparlera dans quelque temps mais quand tu rencontreras un mec qui t'aime te respecte a envie de te voir et te fait jouir, tu lui diras merci à l'autre pomme de t'avoir débarrasser de ce sale con."
non, ça, évidemment, elle ne veut pas l'entendre...
et pourtant...

je raccroche quand elle est reboostée. moi, je sors de la piscine, je viens de discuter vingt minutes avec Gilles au bord du bassin, je découvre un homme serein et déterminé. j'ai bavé sur son dos durant une heure (heureusement que j'étais dans l'eau...) et je n'ose même pas lui proposer qu'on continue la discussion autour d'un verre. ça viendra. je ne suis pas pressée.

jeudi 25 juillet 2013

J7

quand elle a vingt ans, vingt-cinq ans, une femme a des attentes de foyer, de respect, de construction. elle ne sait pas ce qui l'attend et elle espère bien connaitre le coup de foudre, la vraie histoire, celle qui va durer. elle a peur de voir les années filer et elle passe sur beaucoup de choses pourvu que l'histoire dure.
elle est jeune, elle est insouciante, elle s'en moque des défauts de l'autre, de ces petits riens qui passent inaperçus par rapport à tout ce bonheur de cet amour naissant, de cette histoire qui dure.
elle aime simplement, elle ne s'interroge absolument pas sur sa place dans la vie qui va se construire, dans son couple, dans son foyer ensuite.
elle fait la nique à tous, elle a un mec, un amoureux, un vrai et ça dure, ils s'aiment, ils se le disent, se caressent, ne savent pas rester un jour sans se voir, c'est si chouette, elle peut le dire aux copines, elle peut se promener en donnant la main à son amoureux, elle parle projets, vie future.
quand elle a vingt ans, vingt-cinq ans, une femme ne sait pas du tout ce qui l'attend, c'est palpitant, excitant, ça fait peur mais c'est l'inconnu. quel boulot ? quelle vie ? un enfant ? plusieurs ? fille ? garçon ? quelle région ? une maison ?

et puis la femme a quarante ans. et là, tout change.
elle se demande si sa vie est la bonne, cette vie dans laquelle elle se lève tous les matins à côté du même homme, elle s'interroge : est-ce qu'elle n'a pas fait une bêtise vingt ans plus tôt ? est-ce qu'elle n'a pas évolué, elle, alors que lui est resté au même stade ? est-ce qu'elle ne mérite pas mieux après tout ? un homme qui l'aime, l'écoute, la respecte, la fait jouir ? la trouve belle, a envie de la voir, de la caresser ?
je ne parle pas ici de routine mais de l'évolution presque irrémédiable que vit une femme, qui à un moment ne ressent plus du tout le quotidien de la même façon, ne se ressent plus du tout de la même façon.
elle a envie d'être en phase avec elle, ce qu'elle aime, ce qu'elle désire, ce qu'elle fait, dit, rêve, espère, défend... pas juste être la femme parfaite, l'épouse parfaite, la bru parfaite, la mère parfaite, la professionnelle parfaite. mais être elle, avec ses défauts, ses ras-le-bol, ses erreurs...
plus de rôle à jouer, juste une place à prendre...

et là, faut savoir passer le cap...

mercredi 24 juillet 2013

J6

j'ai posé les légumes frais sur le comptoir avec l'économe à côté et je me suis allée m'installer à table avec mon bol, ma cuillère et ma serviette, attendant de déguster la bonne soupe chaude.
c'est ainsi que je visualise ce que j'ai fait avec Gilles : j'ai posé les signes de la main et les sourires gentils sur le bord de la piscine et que j'ai relevé mes manches, pensant déjà à installer Gilles dans ma vie.
n'importe quoi.
avant de déguster quoi que ce soit, il faut au préalable, choisir ses légumes, composer sa mixture, prendre le temps de les éplucher, de voir s'ils ne sont pas abîmés, pas gâtés, prendre le temps de les couper en morceaux avec confiance parce qu'on sait qu'ils vont nous contenter et de les laisser bouillir assez de temps pour qu'on puisse ensuite les mouliner et en faire une belle soupe savoureuse.
tout ça prend du temps, demande de la patience, de l'envie, de l'attention.
et reste aléatoire parce que même après tout cela, il n'est pas sûr que la soupe ait bon goût. ou du moins, soit à notre goût.
bizarre comme j'ai oublié qu'une relation, ça se commence par le début : faire (ou refaire) connaissance, prendre le temps de se découvrir, s'écouter, s'apprécier (ou non), apprendre à se faire confiance et ça ce n'est pas gagné, et ensuite peut-être éventuellement passer à autre chose. mais si cet "autre chose" n'arrive pas, on a au moins gagné un ami de plus, une belle connaissance, on se sera fait plaisir.
j'ai zappé toutes ces belles étapes bien souvent ces derniers temps, tant il me semble devenu commun que "faire connaissance" avec quelqu'un, ça signifie irrémédiablement et presque immédiatement "se retrouver dans son lit".

c'est très bateau de dire qu'aujourd'hui, tout va trop vite mais je viens de le réaliser, en jetant un regard surpris en arrière, sur ces "histoires" avortées que j'ai vécues, qui avaient fini par ne me donner qu'une envie : rester célibataire et heureuse de l'être.
et je me sens vraiment soulagée de déposer mes inquiétudes stupides sur l'autel des sacrifiés et de pouvoir regarder Gilles avec juste cette envie joyeuse de faire connaissance.

peut-être que mon beau nageur va me permettre de réapprendre les rudiments d'une vraie rencontre ?
en tout cas, ce qui est certain c'est que les 17 kms que j'ai courus ce matin, c'est aussi en pensant que je pourrais un jour découvrir que je suis malade et que je ne pourrais plus faire de sport...
je vais être bientôt prête pour un semi-marathon si je continue ainsi...

mardi 23 juillet 2013

J5

je me regarde dans la glace en me séchant les cheveux après la piscine et je fais un bilan rapide : peau bronzée et quelques belles rides, mais des yeux pétillants et un visage émacié, des cheveux souples.
mes jambes ne sont pas nettement épilées, mon entrejambes non plus, mon vernis est à moitié écaillé sur mes ongles, mains et pieds et... je m'en fous.
c'est l'avantage d'être célibataire : on peut ne pas être parfaite et assumer sans souci.
mon corps s'est affûté, on me le dit régulièrement, le soleil a bruni ma peau et de loin, en passant vite, je suis mignonne, séduisante.
mais de près...
il y a des défauts.
forcément.
j'ai détesté ces hommes qui ont pointé du doigt ces quelques défauts, argumentant que j'étais si jolie qu'ils me le répétaient sans cesse, qu'ils ne pouvaient s'empêcher de me regarder et que, du coup, ils n'avaient d'autre chose nouvelle à dire que de parler de ces petits défauts.
je n'aime pas qu'on s'attarde sur le physique. on a tous des petits travers physiques et je trouve cela tellement déplaisant de les faire remarquer à l'autre...
ceci dit, je suis soulagée d'être célibataire pour ça. pour ne pas chercher sans cesse à être physiquement parfaite et ne pas être juste dégoûtée de ne pas réussir à l'être.
je ne parle pas de laisser aller, entendons-nous bien. mais l'obsession de son look ce n'est pas pour moi non plus.
parfois j'essaie les hauts talons, les tenues très "femmes" et honnêtement, j'aime bien.
mais souvent je reviens aux choses plus confortables, plus simples, qui me permettent de marcher et d'aller vite en toute circonstance.
s'il y a bien une certitude qui me gagne en croisant le regard de Gilles à la piscine c'est qu'avec lui, je n'aurais pas peur d'être jugée, ni critiquée.
j'aime son petit sourire et ses yeux sombres, je le trouve tellement mignon. et je me demande comment nous allons passer le cap de ces regards à distance, ces sourires timides et ces signes de la main.
en septembre, il sera le prof de mon fils et je pourrais lui parler, mais comment se fera le déclic ?
je ne suis pas pressée loin de là je ne suis même pas sûre qu'il se passera quelque chose mais je m'interroge...

lundi 22 juillet 2013

J4

"vous avez un lien avec le handicap et la mort" m'avait dit la psychogénéalogiste.
soit.
enfants morts, pères morts, soeurs ou filles handicapées. et maintenant on y ajoute l'homme directement.
un jour peut-être.
handicapé.
quel est ce lien dans mon histoire qui me renvoie au handicap ?
il y a la mort de la soeur de ma grand-mère, puisqu'il semble que je sois liée à mon arrière-grand-mère, sa mère, Joséphine.
mais le handicap ?
je le découvrirai peut-être un jour.
ou pas.
peu importe.
je commence à me dire que comprendre, savoir pourquoi, au niveau des évènements de sa vie, de cet "aléatoire" hasard, qu'on y croit ou non, ne sert peut-être à rien.
ça a eu lieu, c'est ainsi.
mieux vaut réfléchir sur l'impact que ça a eu, sur les conséquences que cela a entrainées, sur les douleurs qui en sont nées, et tenter d'en tirer les conséquences pour ne plus vivre aussi durement les choses, pour rebondir, repartir et vivre encore.
mais comprendre ?
savoir que c'est parce que ma grand-mère n'est peut-être pas la fille de son père mort à la guerre et que donc sa pension d'orpheline perçue lui était indûment versée, me permettra-t-il d'accepter de devenir quelqu'un et de ne pas avoir peur de l'argent ? je n'en suis plus aussi sûre.
faut-il que je comprenne, que je décode pourquoi l'homme que j'aime est mort un soir en venant de retrouver, mort d'un choc contre un arbre au détour d'une route sinueuse, pour que la peine s'atténue et qu'il me revienne ?
j'ai passé des jours, des nuits, des années à me demander "pourquoi ?". pourquoi à moi, pourquoi à lui, pourquoi ça, pourquoi ainsi, pourquoi si tôt ???? "pourquoi ?" toujours "pourquoi ?" je n'arrivais pas à accepter la fatalité de la chose.
aujourd'hui, même si je n'accepte toujours pas, je réalise que passer mon temps à trouver la raison de tout cela m'a privée de vivre pleinement pendant ces années-là et que maintenant je préfère mettre toute mon énergie dans mon bonheur.
ne faire converger mes interrogations que vers un seul point : comment être bien, heureuse, en phase, épanouie du mieux possible, en respect avec moi.
et je le suis.
j'écoute certains conseils, je regarde les autres vivre, je lis, mais finalement je suis une "tricoteuse" : je prends des bouts de fil d'ici et de là, des brins de laine, de coton, de soie et je tricote ma psychanalyse à moi. je sais tellement parler aux autres, pourquoi n'arriverais-je pas à me soutenir, me soulager, me parler à moi ?
j'y suis arrivée.
et je le savoure.

dimanche 21 juillet 2013

J3

aujourd'hui jour impair, jour palmito.
après le marché, piscine donc.
le dimanche c'est obligatoire il y a du monde dans les bassins. et il y en avait.
Gilles était là aussi.
Et H mon copain musicien, que j'appellerai donc H-le fou chantant ça lui va bien, était là également.
H bosse avec Gilles, pas de secret ils sont profs tous les deux, comme ça, ça plante le décor.
H m'a invitée à manger chez lui ce midi, on se connait bien, on se dit tout, il a besoin de mon point de vue éclairé de femme, je l'ai sollicité pour Gilles.
c'est bizarre comme sont les choses : au commencement il y eut quelques mots échangés sur un bord de bassin, des nouvelles des enfants essentiellement, de la vie en général. quelques mots, rien de plus. pas de vibration, pas d'éclair dans les yeux.
puis cette découverte de son dos plutôt "parfait" je ne vois pas quel autre adjectif employer. puis le mouvement de son dos qui accompagne mes longueurs de bassin.
ce plaisir qui me gagne de cette observation du mouvement de ce dos.
en parler avec H, en rêver, se dire qu'on y pense, se redire que franchement ce type il est étrange (Gilles) donc y repenser encore, le croiser au magasin, recevoir son clin d'oeil, s'interroger sur lui et y repenser encore une fois, son petit coucou de la main aujourd'hui et son sourire lumineux quand je lui rends son coucou... et me retrouver à en discuter longuement avec H qui me parle de ce collègue, à mots couverts par discrétion, par respect mais qui m'en parle quand même.
ce qui n'était qu'une rencontre surprise, un matage de femme célibataire qui aime les beaux dos devient presque une "idée derrière la tête" en bonne et due forme.
non, j'avais dit : pas de mec !
il ne faut pas que je laisse mon esprit tricoter pour moi.
ça part tellement vite ces impressions de sentiment. parce qu'on y pense, repense et repense encore, on se met à avoir des palpitations quand on le croise, on se met à en rêver la nuit, à s'impatienter de le revoir...
inutile.
à éviter.
ceci dit, Gilles a un problème de santé assez grave qui ne s'arrangera pas avec le temps, Gilles a une grosse plaie au milieu de sa vie qui doit être dure à soigner, Gilles était un homme psychorigide, intransigeant et dur, sa maladie l'a humanisé (dixit H) et le voilà séparé, éloigné de ses enfants, essayant de lutter contre sa maladie comme il peut, quotidiennement.
et bingo, on a le package total de l'homme "écorché" comme ceux vers lesquels je me retourne inlassablement.
là, il ne faut pas que je déconne, je ne dois pas craquer.
après la piscine et le repas chez H, je suis allée voir des expositions de sculptures dans les différents villages des environs "une balade en sculpture" et j'ai croisé un "ex"-amant, pas vu depuis trois ans, je crois, qui me dévorait des yeux tout en me parlant.
amusant.
à quoi ça rime ces "histoires" homme/femme ?
si vous avez un début de réponse, laissez-vous aller et parlez-en...
allez, ce soir, ce sera ciné avec ma frangine, il fait beau et je me sens vivante.

samedi 20 juillet 2013

J1 et J2

hier cela faisait deux mois que ma relation avec mon dernier "lover" avait cessé.
bizarrement d'ailleurs, parce que du jour au lendemain il n'a plus rappelé, et moi non plus, et tout cela parce qu'il s'inquiétait pour son avenir qui risquait de l'emmener vivre loin, loin de moi évidemment, alors que cela faisait seulement deux mois que nous nous voyions, et que j'ai eu l'impudence de dire qu'il était bien trop tôt pour penser à quelque chose, quoi que ce soit, en commun, et que même si cette histoire, à peine commencée, devait donc en rester là, je trouvais que ce que nous avions partagé était déjà sympa. qu'il devait donc donner priorité à cette mutation lointaine et faire peu de cas de nous.
il n'était pas de cet avis, car lui n'avait jamais réellement rien construit et qu'il se disait que la quarantaine approchant, il serait peut-être temps qu'il se pose un peu et qu'une femme super comme moi c'était une vraie belle occasion de se poser un peu.
évidemment le "super comme moi" ça vient de moi, pas de lui, mais j'ai l'honnêteté de reconnaître mes qualités et je sais que pour lui, j'étais un cadeau.
franchement, un psychorigide comme lui, aseptisé, maniaque et égocentrique au possible, je ne pouvais pas rêver, ce serait-ce qu'une seconde, finir mes jours avec lui... soyons raisonnable.
mais il était mignon, pas mauvais amant et avait une chouette conversation.
à la différence, moi j'ai déjà construit et je ne vis aujourd'hui que dans le plaisir de l'instant présent avec aucune intention d'extrapoler ou même de me recaser.
aucune.
que ce soit clair.
c'est étrange, les hommes que je rencontre ne prennent jamais au sérieux cet avertissement que je donne rapidement : "pas de future vie en commun à envisager"et ils s'imaginent tous être "celui qui" me fera changer d'avis. ils finissent tous virés.
normal !
mais ce ne sont pas ces "deux mois de pause sentimentale ou sexuelle" qui ont justifié ce défi "d'un an d'état d'âme à partager" avec vous. c'est mon cher J-la finance.
une crème.

hier donc (jour où j'ai commencé à réfléchir à ce blog), c'était le jour de "baleino-palmito", entendez par là : jour de piscine avec les palmes.
ça n'a pas l'air mais ce n'est pas évident de faire des longueurs rien qu'en palmant et les premières séances je me faisais l'effet d'une baleine bloquée dans du sur-place.
j'alterne : un jour piscine, le lendemain jogging.
j'ai besoin de cette heure quotidienne de sport pour libérer mon énergie.
c'est vous dire si, à 46 ans, je ne ressemble pas à une baleine justement.

en ce moment, ce sont les horaires d'été à la piscine alors chaque matin où je m'y rends dès l'ouverture, je découvre Gilles dans le bassin. là, je ne vais pas tricher, il s'appelle Gilles, je le nomme ici Gilles.
le "plus beau dos que j'ai jamais vu" de toute la terre entière. et moi les beaux dos j'adore. ce type est un orque, un dauphin, un animal marin. son dos bronzé est luisant, large, musclé. une merveille.
et l'homme est charmant.
je ne demande rien d'autre, chaque fois que je viens m'entraîner avec mes palmes que de me régaler du spectacle de son dos magnifique qui plonge et replonge, alors que ses jambes sont serrées autour d'un boudin de mousse.
et le petit clin d'oeil accompagné d'un beau sourire qu'il m'a offert hier a suffi pour me faire planer tout le reste de la journée.
parce qu'on se connait Gilles et moi, mais l'homme n'est pas bavard et il ne vient pas à la piscine faire la causette. ça tombe bien, moi non plus.

hier piscine, ce matin course à pied : 5 kms de sprint 5 kms d'endurance. j'ai battu mes records et ce fut une sensation folle, une ivresse indescriptible. que du bonheur !
bien meilleure qu'une nuit de baise, je vous l'assure.

voilà, c'est décidé, j'entame un voyage d'une année dans l'exploration d'une vie d'une femme de 46 ans, célibataire mais pas malheureuse, mais alors pas malheureuse du tout, vraiment bien dans sa vie, voire bien comme jamais, en espérant convaincre d'autres célibataires de cette tranche d'âge que la "solitude" n'est pas synonyme de désert émotionnel, loin s'en faut et qu'il y a tant à vivre même sans un compagnon à nos côtés.
un peu présomptueux, peut-être mais après tout...

j'ai écrit hier à mon collègue J-la finance (on va l'appeler ainsi) parce qu'il n'allait pas bien, se désolait de ce passage "merdique" dans sa vie, passage qui faisait bizarrement suite à une séparation voulue mais qui le faisait cruellement douter : "les clés pour ouvrir les portes de ta route, c'est toi qui les as. on a le droit de se tromper, de ne pas être au top mais il fait continuer d'essayer et de vouloir trouver. commence par te poser et te demander ce qui te rend heureux, voire comment parvenir à avoir, retrouver ou garder ce qui te rend heureux, c'est la chose principale que tu dois avoir en tête : vouloir t'approcher le plus possible de ce qui te rend heureux..."
le message était bien plus long et il m'a dit en rigolant que j'avais certainement battu le record du texto le plus long, mais comme c'est un peu "à cause de lui" que je créé ce blog, je commencerai par cette pensée, qui est devenue mienne aujourd'hui, après tant de passages difficiles et qui fait que je me sens à la plénitude de ma vie : juste chercher à faire ce qui me rend heureuse.

qui je suis ?
ça n'a aucune importance, ni ce que je fais, mais mes états d'âme de femme célibataire de 46 ans peuvent peut-être apporter un petit plus dans votre vie en quête de réponse.
après tout...
alors je vais essayer de tenir un an, peut-être pas tous les jours mais assez régulièrement pour que nous partagions la progression d'une vie d'une femme qui assume son célibat, son âge, sa vie...
présentation faite, je vais poster mon premier message...