lundi 22 juillet 2013

J4

"vous avez un lien avec le handicap et la mort" m'avait dit la psychogénéalogiste.
soit.
enfants morts, pères morts, soeurs ou filles handicapées. et maintenant on y ajoute l'homme directement.
un jour peut-être.
handicapé.
quel est ce lien dans mon histoire qui me renvoie au handicap ?
il y a la mort de la soeur de ma grand-mère, puisqu'il semble que je sois liée à mon arrière-grand-mère, sa mère, Joséphine.
mais le handicap ?
je le découvrirai peut-être un jour.
ou pas.
peu importe.
je commence à me dire que comprendre, savoir pourquoi, au niveau des évènements de sa vie, de cet "aléatoire" hasard, qu'on y croit ou non, ne sert peut-être à rien.
ça a eu lieu, c'est ainsi.
mieux vaut réfléchir sur l'impact que ça a eu, sur les conséquences que cela a entrainées, sur les douleurs qui en sont nées, et tenter d'en tirer les conséquences pour ne plus vivre aussi durement les choses, pour rebondir, repartir et vivre encore.
mais comprendre ?
savoir que c'est parce que ma grand-mère n'est peut-être pas la fille de son père mort à la guerre et que donc sa pension d'orpheline perçue lui était indûment versée, me permettra-t-il d'accepter de devenir quelqu'un et de ne pas avoir peur de l'argent ? je n'en suis plus aussi sûre.
faut-il que je comprenne, que je décode pourquoi l'homme que j'aime est mort un soir en venant de retrouver, mort d'un choc contre un arbre au détour d'une route sinueuse, pour que la peine s'atténue et qu'il me revienne ?
j'ai passé des jours, des nuits, des années à me demander "pourquoi ?". pourquoi à moi, pourquoi à lui, pourquoi ça, pourquoi ainsi, pourquoi si tôt ???? "pourquoi ?" toujours "pourquoi ?" je n'arrivais pas à accepter la fatalité de la chose.
aujourd'hui, même si je n'accepte toujours pas, je réalise que passer mon temps à trouver la raison de tout cela m'a privée de vivre pleinement pendant ces années-là et que maintenant je préfère mettre toute mon énergie dans mon bonheur.
ne faire converger mes interrogations que vers un seul point : comment être bien, heureuse, en phase, épanouie du mieux possible, en respect avec moi.
et je le suis.
j'écoute certains conseils, je regarde les autres vivre, je lis, mais finalement je suis une "tricoteuse" : je prends des bouts de fil d'ici et de là, des brins de laine, de coton, de soie et je tricote ma psychanalyse à moi. je sais tellement parler aux autres, pourquoi n'arriverais-je pas à me soutenir, me soulager, me parler à moi ?
j'y suis arrivée.
et je le savoure.

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