je tergiverse seule avec mes réflexions entre le "ça risque de poser dix mille emmerdes" car sa femme est une sacrée teigne, que déjà elle lui fait la gueule, alors elle va le traquer, le surveiller, elle ne va pas lâcher prise comme ça. et le "ça serait dommage de se priver" parce que je sais combien la vie est pleine de surprises, mauvaises ou bonnes et que bon...
alors imaginons les deux cas de figure :
1) j'ai une aventure avec Bruno. je cède finalement à l'envie, déraisonnable, soit, de le voir en cachette, coucher avec lui en cachette, bref devenir sa maîtresse, son amante, son à-côté.
d'abord, je suis persuadée qu'il va être basculé bien plus qu'il ne l'imagine, qu'il va devenir accro et qu'il ne va plus penser qu'à ça. pas difficile de penser ça quand je vois combien déjà un baiser le met dans tous ses états... et il risque de changer. d'être plus heureux, plus léger, peut-être même plus distrait. elle va se douter que quelque chose a changé dans la vie de son mari et, de ça je suis certaine, elle va le pister, surveiller ses textos, ses déplacements pros... si elle découvre, je vais passer dans la bande pour la briseuse de couples, la pute, la salope célibataire qui fout le bordel... car bien entendu JE serai la responsable, moi qui suis célibataire et donc ne trompe personne, moi qui ai été collée contre un mur par un mari débordant d'envie de moi. mais il sera entendu qu'il n'y aura qu'une fautive : moi !
en même temps pour être honnête, je m'en fous du groupe, parce que j'ai été en grosse peine, personne n'a été là pour moi et que je n'ai rien à leur prouver et que je ne suis pas moi amoureuse de Bruno. et ne le serai jamais je pense. mais bon, beaucoup d'emmerdes.
pour quoi in fine ? une relation entre parenthèses, avec un homme qui, je l'espère, sera un amant ému et fou de moi. pas un homme qui veut une femme idéale pour se recaser ou une future compagne compatible, ou une partenaire de jeux sexuels débridés. non juste un homme qui a été complètement perturbé par un baiser échangé avec moi.
est-ce que ça en vaut la peine ? ne puis-je pas patiemment attendre de croiser un autre homme, célibataire et libre donc, un homme charismatique comme je les aime, grand, peut-être aussi musclé du dos que le beau Gilles de la piscine (comme je ne fais que courir en ce moment, je ne vais plus nager et ne le vois donc plus...) ? un homme beau, intelligent, drôle et surtout disponible pour moi ??
ça doit exister, je devrais trouver..
2) je refuse d'avoir une relation avec Bruno, parce que finalement au bout de huit jours de vacances loin de mon pays, loin de lui, loin de cette étrange soirée alcoolisée, j'aurai oublié, comme ça me le fait à chaque fois, ou j'aurai décanté, ou j'aurai flashé sur un autre homme ou... bref, pu importe, je ne m'aventure finalement pas là-dedans.
j'évite les possibles emmerdes, je déculpabilise, Bruno peut être surveillé par sa femme, il reste irréprochable et peut-être finira-t-elle par ne plus faire la gueule, tout cela sera oublié et on va se revoir au cours d'une soirée. bingo ! ça c'est sûr que nos coeurs vont subir un électrochoc et que ce sera difficile de faire "comme ci". mais peut-être que j'exagère, que les choses vont rentrer dans l'ordre. que je vais pouvoir réintégrer la bande la tête haute, n'avoir rien à me reprocher, rester droite.
mais alors quoi ? je me priverai de cette émotion-là ? je prendrai toujours mes décisions en fonction d'une bande de péquenots qui picolent et fument du shit, vieillissent et le vivent mal, s'emmerdent dans leur couple, peut-être même dans leur vie et se donnent l'illusion tous les weekends de vivre une vie formidable ?
je me priverai de cet amant doux et fou de moi ? et je mourrai trois jours après, écrasée par une voiture sans savoir à côté de quoi j'étais passée ?
non, c'est sûr, lorsque je mets les deux cas de figures bout à bout, il en ressort que je devrais tenir et ne rien débuter. ce serait peut-être lâche mais bien plus confortable et vivable.
comme je ne sais plus vraiment, j'ai décidé de m'accrocher à quelques pensées bouddhistes, qui m'ont bien aidée lorsqu'il y a six ou sept ans, j'allais mal.
je dois virer ces questionnements de ma tête, me concentrer sur les belles choses, reprendre la course avec plus de sérieux, je sens que je galère chaque jour, je piétine. reprendre mes projets, me remettre doucement au dessin...
bref, j'ai largement de quoi occuper mon esprit ailleurs.
et je dois le faire.
on part de main avec mes enfants, de bonne heure.
alors, je laisse Bruno dans un coin et on verra...
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