dimanche 4 août 2013

J17

j'essaie de me persuader qu'il est moche, qu'il a un défaut physique terrible, j'ai déjà vu qu'il a un souci de mâchoire, mais sur quelques photos il est assez mignon tout de même.
alors, vraiment, je fouille, je cherche, je regarde ce que je peux trouver sur lui et je me persuade. il doit avoir un problème de prononciation avec une mâchoire comme la sienne. ou avec sa maladie, il doit être assis dans un fauteuil roulant, ou il marche avec une canne ou...
il est maître nageur dit-il et il m'a raconté qu'à partir d'aujourd'hui il fait un entraînement piscine tous les matins. est-ce peut-être aussi à cause de cette maladie ? comme Gilles ?
il faut que je lui invente des tas de tares afin de ne pas continuer à penser à lui toute la journée.
après tout, j'étais "obsédée" par Gilles et ça m'a passé. alors, pourquoi pas lui aussi ?
il est parti hier à l'aube sur la route de ses vacances. il a écrit : ce n'était pas prévu mais j'emporte mon ordi parce que je ne pourrais pas me passer de tes interventions".
résultat : dès que je peux aller jeter un oeil j'y vais. et pour l'instant aucun signe de lui.
tant mieux ! pourvu qu'il m'oublie et que moi aussi.
j'ai déjà vécu une histoire comme ça. un truc délirant, passionnel.
le gars m'a écrit via FB. on se connaissait, disait-il, il m'avait contactée sept ans avant pour des projets. appelée. et nos conversations avaient eu un effet sur lui tel que sept ans après il avait eu envie de me recontacter. au départ, je l'ai repoussé, sèche et cassante comme je sais le faire. ça lui a plu, il semble, il a insisté avec humour.
et peu à peu il a raconté sa vie. remplie de noir, de malheurs, de désespoir. mais toujours avec humour. j'ai raconté aussi. et un jour, pourquoi comment je ne sais plus, mais peut-être en fait que c'était toujours sous-jacent, le ton a changé et on s'est "inventé" une vie parallèle. on vivait aux côtés l'un de l'autre, on se touchait et se voyait même si on habitait loin. on partageait notre quotidien comme deux vrais amants. alors j'ai pris ma voiture et je suis allée chez lui. il avait une gamine handicapée, lui ne pouvait pas venir, j'y suis allée. Cinq heures de route aller, cinq heures de route retour et le battle de mon fils à ne pas louper. weekend intense, à bien des niveaux et pour nous physiquement et émotionnellement une rencontre incroyable. je n'ai pas voulu voir que nous dormions dans un canapé inconfortable dans le salon pendant que sa fille avait son lit, que cette enfant prenait une place trop importante, que l'homme galérait financièrement. je n'ai vu que la merveilleuse entente entre nous deux.
l'histoire s'est poursuivie bien sûr, surtout qu'ensuite il partait en Ecosse voir son autre fille et que nous sommes restés dix jours sans contact et que j'ai senti très douloureusement le manque de lui...
à son retour, on avait franchi un cap. je lui avait manqué aussi. on se parlait par webcam, on s'écrivait sans cesse des petits mots, on vivait réellement l'un avec l'autre. passionnel. il me rendait profondément heureuse.
on a essayé d'organiser des weekends mélangeant mon boulot et nos revoyures, mais il s'attachait et ces envies de nous deux juste nous deux, ça ne collait pas avec la terrible responsabilité qu'il avait envers sa fille handicapée. lors d'un weekend chez lui, où évidemment encore sa fille était là et demandait toutes les attentions, le malaise s'est installé, terrifiant pour moi. je suis partie le coeur en vrac, sachant que c'était fini, je ne voulais pas continuer sur une base de "bricolage de sentiments". encore aujourd'hui, j'y pense et même si je sais qu'il avait un lourd passé qu'il traînait toujours derrière lui, une amertume de vie, et tant de cicatrices non soignées, même si je sais que son avenir est focalisé par la vie de cette enfant qui peut mourir d'un instant à l'autre, je ne peux m'empêcher de ressentir beaucoup d'amour pour lui.
bref, tout cela pour dire que les envolées passionnelles grâce aux messages à distance, aux intentions que l'on grossit, aux sensations que l'on exagère, c'est facile. s'imaginer l'autre et quand la réalité nous rattrape, retomber dans une évidence de "banalité" qui casse tout le charme, c'est facile.
alors avec "mister Fb", je ne veux pas recommencer ça.
déjà je n'ai pas parlé de moi. je lui pose des questions sur lui, il a l'air d'avoir beaucoup souffert aussi (décidément je les attire... ;)) mais lorsqu'il évoque ces moments difficiles et ses rancoeurs, je le rabroue et l'engueule. je ne veux pas entendre ses plaintes.
donc, on se connait si peu, lui encore moins que moi.
et déjà je pense à lui toute la journée.
psit psit ! à éviter !


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